Le Rabbi

Le Rabbi de Loubavitch

Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson, septième héritier de la dynastie du Hassidisme Habad-Loubavitch fondée en 1797 par Rabbi Schnéour Zalman de Lyadi, est né le 11 Nissan (18 avril) 1902 à Nikolaiev en Ukraine au foyer de Reb Levi Yits'hak et de la Rabbanit 'Hannah. Il doit de porter le même patronyme que Rabbi Yossef Yist'hak, son futur beau-père auquel il succèdera, au fait que tous deux descendent, à travers deux lignées différentes, de Rabbi Mena'hem Mendel, troisième de la lignée, le célèbre Tsemah Tsedek. Il passera sa jeunesse à Yekatrinoslav (rebaptisée Dniepropetrovsk par les bolcheviks) dont son père Rav Levi Yits'hak est le rabbin.

Rav Levi Yits'hak est un maître inspiré de la Kabbale, qui explore le Zohar et le Talmud en identifiant les âmes de leurs Maîtres aux sphères du divin. En 1911, au moment de l'affaire Beilis, la dernière et spectaculaire affaire de meurtre rituel, il sera chargé de constituer le dossier kabbalistique de l'instruction. On dit que le petit « meka » qui a alors neuf ans lui sera d'une aide précieuse.

Contre toute attente, le futur Rabbi de Loubavitch ne fréquentera pas de Yéchiva. En dehors d'un premier maître avec lequel il fera ses premiers pas dans les textes – et auquel il vouera une éternelle déférence –, son père sera son unique précepteur. On aime à dire de tels personnages que dès leur tendre enfance ils étaient des prodiges.

En l'occurrence, l'euphémisme est émouvant. Reb Levik prescrit à son fils un cursus de 16 heures d'études quotidiennes allouées à la Torah et lui abandonne les huit qui restent pour s'alimenter, dormir et... pour les études profanes avec différents professeurs de la ville dont la communauté juive est une pépinière d'intellectuels. L'enfant soutient le défi. Il accumule les lectures, dévore des dictionnaires de langues, tout en passant le plus clair de son temps à étudier les ouvrages dont il devra un jour assurer l'héritage.

Le 27 novembre 1928 à Varsovie, Rabbi Mena'hem Mendel épouse la fille de Rabbi Yossef Yits'hak, la Rabbanit 'Haya Mouchka. Lors de ce mariage, la capitale polonaise, haut lieu s'il en fut, du Judaïsme d'Europe centrale connaîtra une de ses dernières effervescences avant l'épouvante.

Le 10 Chevat 5711, 17 janvier 1951, Rabbi Mena'hem Mendel Schneerson s'assoit sur le siège laissé vacant, par le départ de son beau-père un an auparavant et devient le septième Rabbi de Loubavitch. Il abat très vite ses cartes et sa profession de foi se résume en un mot : « Oufaratsta », la diffusion de la Torah et de ses valeurs vers tous les horizons juifs qu'elles n'ont pas encore atteintes.