Les 10 Mivtsaim
La Cacherout

Mivtsa 07

La Cacherout

Observez les lois de la Cacherout chez vous et en dehors.

L'absorption de nourritures est indispensable à la vie mais nous sommes aussi ce que nous mangeons. La spiritualité juive ne s'exclue pas du monde. C'est dans le concret de l'existence qu'elle trouve d'abord son assise. Manger cachère c'est exprimer cette vérité extraordinairement profonde de notre foi.

Les lois de la cacherout sont complexes. Fondamentalement, hors des produits végétaux naturels, il ne faut consommer que des poissons pourvus d'écailles et de nageoires, de la viande cachère. Les autres produits doivent avoir été reconnus cachers par une autorité compétente.

Pourquoi nous mangeons cachère

Les lois alimentaires trouvent leur fondement dans les chapitres 11 du Lévitique et 14 du Deutéronome. Après avoir été transmis oralement de génération en génération, le détail de ces lois a été repris par la Michna et le Talmud.

Ces commandements s'inscrivent dans le cadre plus général du ritualisme juif à travers lequel est défini, en même temps qu'un chemin concret de vie, la possibilité d'une « circulation » entre matière et spiritualité. Par l'accomplissement des commandements, des mitsvot, il s'agit en effet de spiritualiser la matière même du monde, de faire apparaître l'Infini au cœur de la finitude.

Quand au juif, le roi Salomon lui dit dans les Proverbes : « En toutes tes voies connaît-Le ». Nous servons D.ieu non seulement par l'étude ou la prière, mais aussi par les actes les plus apparemment banals de notre vie au jour le jour : celui de s'alimenter par exemple. Ces actes, dès lors qu'ils sont l'expression de la Volonté divine, sont un moyen de se lier à l'Essence de D.ieu : la mitsva est un lien qui apporte l'élévation à qui l'accomplit.

Les règles essentielles

Seules les viandes, lait et œufs de certaines espèces animales sont autorisées à la consommation.

Un animal terrestre est cachère sous deux conditions : être un ruminant et posséder des sabots fendus. Il doit avoir été abattu rituellement.

En ce qui concerne les oiseaux, ils sont en principe cachères à l'exception des espèces mentionnées au chapitre 11 du Lévitique. Nous ne consommons que les espèces traditionnellement connues pour être cachères : poules, oies, dindes, certaines espèces de canards domestiques et de pigeons. On doit vérifier que les œufs ne comportent pas de tâches de sang avant de les consommer.

Les poissons ne sont cachères que s'ils sont pourvus d'écailles et de nageoires. Les fruits de mer sont interdits.

Les fruits et légumes, les céréales avant traitement industriel sont généralement cachères à condition d'être débarrassés de tout insecte.

Le vin et le jus de raisin doivent être l'objet d'une certification rabbinique.

La viande (y compris les volailles) et le lait ne peuvent jamais être mélangés. Ils doivent être préparés et consommés dans des vaisselles différentes et un intervalle (pouvant aller jusqu'à six heures) doit séparer leur consommation.

Le lait doit être « surveillé » et garanti par une autorité rabbinique.

Les fromages, compte tenu de leur procédé de fabrication, doivent toujours être l'objet d'une certification.

La plus grande circonspection doit présider à la consommation de produits industriels. La certification rabbinique est indispensable pour des produits dont la version « grand public » contient par définition des éléments non cachères.

L'application concrète des règles de la cacherout est complexe. Si vous souhaitez « cachériser » votre cuisine, n'hésitez pas à prendre contact avec le Beth Loubavitch ou l'un de ses délégués.

L'abattage rituel

Cuisine cachère

Le judaïsme, sur le fondement de sources bibliques et talmudiques, interdit de causer une souffrance inutile à un animal. C'est donc avec une particulière exigence qu'il légifère sur le mode d'abattage des animaux autorisés à la consommation.

Le personnage central du processus est le cho'het. C'est d'abord un juif connu pour sa piété, ensuite un homme qui a suivi une formation approfondie, a passé un examen théorique et pratique sur les lois de la che'hita ainsi que sur l'anatomie et la pathologie animales. Il a effectué un stage avec un Cho'het expérimenté avant de recevoir sa pleine qualification.

Le cho'het ne peut utiliser qu'un couteau au tranchant parfait, le 'halaf. Ce tranchant doit être vérifié avant et après l'abattage, la plus petite irrégularité de la lame entraînant la disqualification de l'abattage effectué.

Che'hiya (le retard)

Il ne doit y avoir aucun retard, aucune interruption dans l'action du cho'het. C'est par un mouvement continu que celui-ci doit opérer.

Derassa (la pression)

Il est interdit d'effectuer la moindre pression sur la lame pendant ce processus : l'incision s'effectue du seul fait du tranchant de la lame.

Hagramah (le glissement)

L'incision doit impérativement être faite dans des limites précises sur le cou, entraînant une perte de conscience immédiate de l'animal par arrêt de tout apport sanguin au cerveau.

L'exsanguination qui suit est indispensable en vertu de la loi religieuse juive qui interdit formellement la consommation du sang. Le cho'het doit encore procéder à un double contrôle, examinant notamment les poumons afin de vérifier qu'ils ne comportent pas d'anomalie rendant l'animal non cachère.